Le voyage qui fait grandir.*

piratavion Bonjour bonjour ! Aujourd’hui je viens vous parler de mon avenir.

Comme l’a si bien dit ma copine Islandia je suis actuellement dans un virage important dans ma vie. A la fin de cette année, si tout va bien, j’aurai mon BTS et je n’ai pas de projets concret pour l’an prochain. N’étant pas sûre de mes perspectives professionnelles je voudrai me servir de cette année scolaire qui vient pour enfin voyager et surtout retourner en Asie. Bien entendu il faut de l’argent, c’est pourquoi je cherche un travail pour tout l’été jusqu’à septembre/octobre.

Voyager c’est la meilleure façon de se trouver. j’en ai besoin pour trouver mon équilibre avant de me lancer dans la suite de mes études puis dans le monde professionnel. Je ne suis vraiment pas encore prête pour continuer ce marathon scolaire sans confiance ni certitude d’être dans la bonne voie.

« Voyager c’est créer la personne que l’on a besoin, que l’on envie d’être. » Cette phrase d’Islandia (tirée de son blog consacré à son amour pour Amsterdam) m’a tout de suite interpellée. C’est exactement ce que j’essaye d’expliquer. Alors voilà, travailler cet été c’est bien mais ça ne suffira pas alors je cherche un pays où passer quelques mois pour travailler.
Et c’est là où je fais appel à vous. J’aurai voulu trouver un pays en Asie mais je ne gagnerai pas grand chose et je vais vite m’ennuyer. Ce n’est pas l’idéal pour se poser.

D’après vos expériences ou celles de connaissances, quel pays/ville Anglophone et un peu dépaysant, serait le mieux pour passer quelques mois pour travailler, faire des rencontres internationales et bien entendu, perfectionner mon niveau d’Anglais. En prenant compte, pour ceux qui me connaissent (en vrai ou à travers le blog), que je suis assez réservée et je n’ai pas encore eu l’occasion d’être vraiment très débrouillarde donc le mieux serait un endroit où les habitants sont accueillants et chaleureux. Pour le moment je crois que la Nouvelle Zélande est le pays qui correspondrait le mieux alors si vous connaissez, je veux tout savoir ! 😉

Merci, gros bisous et à très vite ❤

Yellow n black tee-shirt .*

« Probably the best person in the world »

Wahie9abSuperposition de 3 photos.

Je l’ai croisé un weekend d’Avril. Sur cette île d’Indonésie nommée Karimun Jawa.

Là bas un tas de jolis échanges de regards a eu lieu. Tous différents avec des enfants, des femmes, des hommes plus ou moins grands. Il y en a eu un particulier. Instantanée, spontané et doux qui s’est naturellement suivi d’un sourire
Un instant ne dépassant pas 5 secondes, lui, à quelques mètres de moi.
Il est devenu « le garçon au teeshirt jaune et noir ». Je suis devenue « The girl with the hat ».
Pour lui et moi, ce weekend est devenu une quête secrète. Retrouver ce regard.

Et si je ne le reconnais plus sans son tee-shirt jaune et noir ? Et si ce regard avait été anodin ? Et le sourire, il était loin, j’étais peut-être seule à sourire finalement et après tout c’est bien un truc d’Asiatique de sourire tout le temps

Je ne le reverrais jamais, c’est sur, on prend le bateau demain matin pour rentrer sur Java.

Prêts à quitter le port, les Indonésiens sont encore une fois extrêmement chaleureux et surtout ravis de rencontrer sur le bateau de drôles d’européens à la peau idéalement blanche (pour eux).
On nous demande timidement de prendre des photos avec eux ou bien ils le font discrètement l’air de rien, on nous pose des questions, d’où vient-on ? Pour combien de temps sommes nous ici ? Le ferry prend le large, le calme reprend, chacun trouve sa place que ce soit à l’intérieur ou sur cet énorme bateau.

Je me retourne et vois trois jeunes garçons discutant avec mes frères. C’est lui. Il est là. J’en suis sûre. Son tee shirt est bleu mais peu d’incertitude me laisse douter. Il faut que je lui demande si il portait bien ce fameux tee shirt jaune et noir.

Nous avons discutés, pris des photos puis nous nous sommes recroisés à l’intérieur du bateau, il m’a demandé si j’avais Instagram, Whatsapp, quelque chose pour rester en contact. A mon grand regret je ne lui ai pas demandé pour le tee shirt même si je connaissais la réponse…

La traversée durait 4 heures, cachée derrière mon livre je le regardais le plus possible. Il était avec ses amis, qu’est ce qu’il riait, il respirait la joie, le bonheur et la gentillesse.

Je l’ai retrouvé plus tard, posé avec mes frères et un de ses amis. La seule chose que j’ai osé lui dire c’est « What’s your name ? », il m’a regardé droit dans les yeux, un sourire en coin et a prononcé « Wahyu« . Je suis restée figée un instant, j’étais troublée surtout parce que j’avais compris « How are you« .

Nous arrivions à destination, il m’a serré la main, m’a souri puis il est parti.

Il est parti mais c’est à partir de là qu’on ne s’est virtuellement plus quittés…

Hypersensible.*

Petits Bonheurs

 

« Sophie est dotée d’une hypersensibilité hors norme », « Sophie cache en elle une grande sensibilité« , « On parle d’excès de sensibilité chez Sophie ».

La signification des prénoms que l’on y croit ou pas, est parfaitement juste pour moi.
Dans les quelques textes que j’ai pu trouver sur « Sophie » on ne peut éviter le sujet de l’hypersensibilité. Hé oui, je ne sais pas si toutes les Sophie sont concernées mais pour moi il est vrai que j’ai une très/trop grande hypersensibilité.

Qualité ou défaut ? Je me pose bien la question. Parfois je l’aime et je ne voudrais surtout pas la perdre. Elle me fait voir le monde autrement et souvent différemment des autres. De simples petites choses peuvent me procurer des émotions, des souvenirs, de la joie, de la tristesse, des questionnements, de l’admiration. C’est ce que j’aime. C’est une richesse qui me fait voir le monde plus riche, plus généreux. C’est comme un don qui rend les choses précieuses, qui nous fait garder ses yeux d’enfants.

Mais l’hypersensibilité rime aussi avec fragilité. On ne peut pas y échapper. De simples choses deviennent parfois trop forte pour une petite Sophie comme moi. Par exemple des retrouvailles avec quelqu’un que je n’ai pas vu depuis longtemps. Bien que ce soit une personne que j’apprécie avec qui je n’ai aucun problème et bien je vais avoir un sentiment d’appréhension, de stress qui peut s’avérer très intense et difficile à supporter… Et ça c’est vraiment désagréable, ça me freine mais je fais au mieux pour ne pas réfléchir pour ne pas me noyer dans ce sentiment et ces milliers de questions insupportables.
Un message, un mot, une ponctuation, un ton donné, un sourire, un regard, c’est si anodin mais j’y trouve toujours de l’importance. Il y a ce petit ascenseur en moi qui se promène d’émotions en émotions. J’aimerai bien qu’il s’arrête parfois, ou, du moins, qu’il ralentisse un peu, mais mes pensées le font fonctionner, il ne peut pas s’arrêter

L’hypersensibilité c’est prendre les choses à cœurs, toutes les choses, des plus jolies aux plus simples en passant par les plus importantes.

Faut-il la fuir ou la chérir ?

Moi je l’aime plus que je la déteste, grâce à elle je ne m’ennuie jamais, aucun joli ciel ne me passe inaperçu ni les nuages colorés, la lumière traversant les feuilles, la silhouette des branches qui dansent, le bruit d’un oiseau en hiver rappelant le printemps ou cette rose qui résiste à la neige ni même le sourire d’un passant, le compliment d’un ami, une conversation dans le métro, une jolie imageL’hypersensibilité c’est ressentir les choses plus fort, c’est un peu le piment ajouté à une vie trop plate, c’est faire en sorte qu’elle ne soit pas fade. Alors même si elle est parfois difficile à gérer et à supporter j’espère de tout mon cœur qu’elle ne s’atténuera pas en grandissant car elle seule me rassure à entrer dans le monde des grands.

Voilà, ça fait du bien de revenir sur la blogo, n’hésitez pas à me faire partager votre avis sur l’hypersensibilité, si vous êtes concerné ou quoi… 🙂 Pour me suivre : ma page facebook et ma page Hellocoton.

L’illustration est une superposition de deux photos réalisées avec mon appareil argentique Diana F+ Lomography. Elle m’appartient donc merci de me demander si vous voulez l’utiliser. 🙂

A très vite et bonne année à tous…

Sophie.*

Visible invisible.*

Hellooo, me revoilà ! Pour fêter ça je vous présente pour la première fois une série de photo réalisée en 2013 lorsque j’étais en MANAA.  Celle ci s’appelle Visible invisible.  Je vous laisse découvrir le rapport du sujet à l’image et me donner votre avis dans les commentaires.

Je rappelle que ces photos, comme toutes celles du blog, m’appartiennent et qu’il est donc interdit de les utiliser sans mon accord.

A très vite.*

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Gens pressés.*

Gens pressés

 

Heeey, me revoilà !

Un mois bientôt que je n’ai pas écrit. Et j’ai pleins de choses à dire pourtant !

Un mois que je suis en stage. Un mois que je découvre la « vraie vie des adultes ». Et vous voyez je n’ai plus le temps d’écrire.

En soit il se passe très bien, c’est une bonne agence très agréable, j’apprends pleins de choses et mes « collègues » sont vraiment sympas. J’en reste pleinement satisfaite parce que c’est un mois.
Mais je pense à ceux qui m’entourent et qui ne comptent plus les mois.

Et quand j’y pense j’ai le cafard.

J’ai le cafard parce que je passe huit heures enfermée dans un bureau, devant un ordinateur et j’ai encore la chance de ne pas avoir de hautes responsabilités sous mon petit statut de stagiaire.
Bien que ce que je fais me plaise, comme mes collègues, on passe ces 8 heures à être en attente. Attendre l’heure de rentrer, attendre le weekend, attendre les vacances.
Des milliers voire des millions de personnes passent alors la majorité de leur temps à attendre, à être angoissé le dimanche soir et triste le lundi matin. Et tout ça jusqu’à leur retraite (après quelques dépressions pour certains). Mais à ce moment on se rapproche de la fin de sa vie et on ne peut pas faire tout ce que l’on aurait voulu faire avant. Et, les mots sont peut être trop forts mais on passe, en quelque sorte, à côté de sa vie. Hé oui on aura passé sa vie à attendre au travail, à se dire qu’on trouvera mieux plus tard. Sauf que non, par peur de tout perdre, on ne trouve pas mieux. Et c’est tout à fait légitime d’en arriver là et d’avoir peur de l’inconnu. Mais on tombe dans le piège de ne pas vouloir prendre de risque.

Vu la situation en France d’aujourd’hui, bien sur il est évident qu’avoir un travail et un salaire c’est très important et ce n’est pas vraiment un choix. Mais est ce que c’est vraiment le plus important ?

« L’argent ne fait pas le bonheur« , celle là on la connait tous et nous en sommes pas tous convaincu, c’est compréhensif. Mais par exemple, admettons que j’intègre une boîte, quelque soit sa spécialité, je vais gagner un salaire convenable pour vivre. Je vais donc financièrement gagner ma vie pour vivre quoi mais je vais surtout choisir d’avoir une liberté assez restreinte en oubliant pourquoi je travaille et en oubliant quelles sont mes réelles envies. Et donc passer la majeur partie de ma vie à rester raisonnable pour limiter la fatigue pendant la semaine, faire du bon travail, gagner plus etc etc etc… Pour moi, c’est un véritable cercle vicieux dans lequel je ne m’y projette pas une seule seconde.

J’y pense tous les soirs en sortant de l’agence quand je me retrouve au milieu de ces centaines de pingouins (les personnes aux costumes de travail quoi). On fait tous le même chemin, à la même heure pour quitter le quartier des affaires et rejoindre le métro. On marche à la même cadence, on se suit. Je suis comme témoin au milieu de robots manipulés par les obligations. Comme si ils ne voyaient plus, comme si la routine les guide, les hypnotise. Je semble être la seule à m’en rendre compte, la seule à qui ça dérange.

Mais alors pourquoi ? Pourquoi toutes ces personnes acceptent de vivre de cette manière ? De rentrer du travail pour aller se coucher et de se lever pour aller au travail.
Sont ils conscient du sens de leur vie ? Tant mieux si ils en sont satisfait mais je doute que tout ce monde concerné le soit.

En attendant je ne me sers pas de cet article (sans réelle objectivité), pour crier anarchie. Je ne juge personne, je ne dénonce rien, je constate et explique pourquoi ce mode de vie ne me plaît pas et m’effraie. N’hésitez pas à me faire partager votre avis, il m’intéresse vraiment.

Et je vous invite à écouter et regarder le clip de Keny Arkana « Gens Pressés » qui illustre paaaarfaitement cet article.
Voilà, je ne suis pas une adepte de rap et cie en principe mais là les paroles sont en plein dans le mille de mes pensées. Du coup j’aime et écoute beaucoup cette chanson.

 

Pour être au courant de mes prochains articles voilà ma page Facebook et ma page Hellocoton pour les blogueuses.

 

A très vite.*

2 heures à perdre ses frères.*

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Bonjour bonjour !

Tout d’abord je voudrai vous dire merci parce que je ne vous l’ai jamais vraiment dit. Merci pour ceux qui me suivent régulièrement et merci à ceux qui sont de passage. Ça n’a l’air de rien mais les traces de vos passages ici me font toujours très plaisir. Alors n’hésitez pas à réagir et me dire ce que vous pensez.

Voilà chose faite je peux à présent commencer mon article suivant assez attendu.

Hé oui je vais vous raconter la fois où j’ai cru perdre mes frères en Indonesia. (J’en ai rapidement parlé ici) Je ne pensais pas créer un tel suspens mais j’ai eu plusieurs demandes à ce sujet.

Nous étions donc sur cet jolie petite île appelée karimun jawa. (Je rappelle que je parle de cette île sur cet article)

Mes deux grands frères sont de vrais aventuriers et j’ai découvert qu’ils étaient beaucoup plus sportifs que je pensais. Moi, malgré mes trois heures de gym par semaines (bon ok, que je sèche un peu parfois…), j’ai du mal à les suivre mais je fais ce que je peux.

Mais quand ils décident d’aller nager jusqu’à un paquebot échoué à environ 2km de la rive je vous laisse deviner ma tête ! « Quoi ? Le paquebot ? Vous voulez dire le bateau tellement loin que vu d’ici il fait pas plus de la taille de la moitié de l’ongle de mon petit doigt ?! » Et oui même pas peur et puis ils ont les masques et tubas ce qui fait que c’est beaucoup moins fatiguant puisqu’ils peuvent faire des pauses.

Les parries sur le temps d’y aller sont lancés (et très optimistes…). Le plus grand, soudainement prit d’un soupçon de culpabilité sur sa position de digne grand frère, me propose de rester avec moi sur ce petit bout de plage parsemé d’algues et de tongs orphelines.

Mode gentille petite sœur activé je répond que je préfère être presque seule, accompagnée de mon bouquin, que de laisser mon autre frère seul au milieu de l’océan. Et puis sincèrement en Indonésie c’est pas là où j’ai le plus peur qu’il m’arrive quelque chose…

Assise sur le scooter et sur le seul point d’ombre je me plonge dans mon livre ne me rendant plus compte du temps qui passe. En une heure ils arrivent enfin au niveau du bateau, je crois voir le soupçon d’une silhouette qui me fait des signe sur le paquebot. Je crois aussi entendre des appels du genre « Hey coucou Sophie, regarde on est arrivé ! », tel un petit garçon fière d’avoir réussi à monter à l’envers du toboggan. Je souris, les oublis et continue de lire…

Je jette des petits coups d’œil et j’arrive à percevoir deux petits points se promener autour du bateau. Et puis je me rend compte que le paquebot n’a visiblement plus vraiment la même forme… Et doucement je le vois, sans vraiment voir, tourner sur lui même. Comme quand on regarde l’aiguille des minutes qui tournent. On la voit avancer sans vraiment voir du mouvement. Une petite sueur froide (malgré cette chaleur), je check mes frères et retourne à ma lecture.

Là j’oublie carrément le temps, mes frères, tout. Je suis à fond dans mon livre qui touche à sa fin et qui enchaine le suspens et quelques tristes moments. (Je l’ai beaucoup aimé malgré tout)

Je réalise que je n’ai pas de signe de mes frères depuis un moment. Ça se passe toujours comme ça quand ils font du snorkeling (masque et tuba). Je n’arrive quand même pas à me rassurer. Je suis pourtant de nature à ne pas s’inquiéter, à être très optimiste. Mais là il y a ce silence et ce calme beaucoup trop calme qui me donne de mauvaises intuitions.
J’essaies de les apercevoir, rien, juste la surface plane de la mer. L’angoisse monte, je commence à avancer dans l’eau et à les appeler. Rien… Les larmes montent aussi, ma respiration s’accélère et je force pour la reprendre. Crise d’angoisse enclenchée pendant 5/10 bonnes minutes. Et puis je vois au loin deux petits « traits » sortir de l’eau, très loin, au niveau du bateau. Soulagement je vais me calmer plus loin où je trouve deux vaches. C’est là où je me suis approché d’elles et que j’y ai identifié mes frères. L’une était couchée, très calme et posée comme Geoffrey et l’autre est vive et mangeait sans cesse comme Baptiste. (En somme j’ai un fainéant et un vif gourmand pour frères !)

Une fois les larmes séchées, la respiration régulée et la discussion achevée (avec les vaches, oui comme dans le film « seul au monde » la solitude a des conséquences…) je vais voir où en sont mes frères.

Le cauchemar reprend, aucunes traces d’eux. Rien. Encore ce silence insupportable et ce calme. Ça faisait sûrement deux heures et demi que j’étais seule. Pendant 5 minutes je fixe la mer en scrutant le moindre détail en espérant que ce soit un des deux. J’ai même passé une minute à fixer une bouée couleur chair en m’imaginant que c’était un d’eux qui me faisait « coucou ». Mais non.

Je ne voulais pas arrêter de m’inquiéter, j’étais la seule an pouvoir faire quelque chose si besoin et j’étais la seule à savoir bien sûre qu’ils étaient là, mais j’étais aussi la seule sur ce coin d’île.

Je cours dans l’eau (avec ma robe…), je grimpe sur le bateau le plus loin de la rive. Mais un bateau de pêche assez grand donc j’ai vraiment grimpé. Et je hurle de toute mes forces le nom de mes frères. Parfois j’hurlais le plus longtemps possible pour ne pas subir ce moment de silence plus intense encore après avoir crié. Et j’entendais ma mère dans ma tête qui me dit toujours « on t’entend pas avec ta petite voix ». Alors j’hurlais plus fort. Arrêter de crier c’était comme abandonner ou bien admettre qu’il se passait vraiment quelque chose alors je ne voulais pas arrêter mais j’étais obligé. Si il leur est arrivé quelque chose tout peut se jouer à quelques secondes près. Dans ma tête se passe des milliers de choses, je me vois annoncer à ma mère qu’elle a perdu ses deux garçons, je me vois rentrer seule plus tôt, j’imagine ma vie différente. C’est incontrôlable, c’est une véritable tempête cérébrale.

Je décide alors de trouver un bateau. Enfin plutôt de trouver quelqu’un qui possède un bateau parce que des bateaux je pouvais prendre celui que je voulais mais je ne serai pas allée très loin avec mes petits bras !

Je cours le long de la rive en espérant trouver une existence humaine. Mais pendant des mètres ce n’était que de la forêt qui déborde sur la mer. Je cours comme je peux puisque du coup je suis obligée d’avoir les pieds dans l’eau. Entre les larmes et la suffocation je slalome entre les tongs et les sacs échoués, c’en est presque macabre. Je continue, j’hurle sans plus m’en rendre vraiment compte des « help ! Someone ! Baptiste ! Please ! »
On m’aurait filmé on aurait cru une scène d’un film tragique. En y repensant j’ai honte mais c’était normal.

À ce moment je ne veux pas croire à ce qui pourrait être arrivé à mes frères mais je ne vois pas d’autres hypothèses. Ils sont censé faire l’aller retour, ça fait bien trop longtemps que je n’ai pas de signes d’eux pour qu’il ne leur soit rien arrivé, il faut se rendre à l’évidence, tout n’arrive pas qu’aux autres.

Je continue ma course dramatique, je croise même un crocodile ! Je fais un bond, je me rend compte qu’il est mort, c’est encore pire, ça fuse dans ma tête, je me dis qu’il se sont fait attraper par un croco ou un requin. Il n’y a même plus de plage, que des roches, je tente de ne pas réfléchir et de courir jusqu’à trouver quelqu’un. (Il s’avère que le crocodile en question n’en était pas un mais c’était un énooorme lézard d’au moins un mètre.)

Lueur d’espoir, j’aperçois 3 enfants d’une petite dizaine d’année, et une plage avec une maison et un bateau. Je pleure deux fois plus. Et puis soudain j’entends… « SOPHIE ! »

Photo ?

Je tourne la tête, vois mon frère qui me montre qu’il est là depuis l’eau, je coupe ma respiration, je m’effondre par terre, les enfants à 30 mètres de moi partent en courant, je tremble.

Baptiste en courant arrive en premier, inquiet de me voir dans cet état me pose mille questions « Qu’est ce qui ce passe ? On t’a embêté ? Dis moi ! ». Essoufflé par l’angoisse qui retombe et par ma course je ne pouvais pas répondre. J’arrive finalement à sortir entre deux inspirations « Ça fait plus d’une heure que vous aviez disparu. »
Réponse « Haa ! Tu t’inquiétais pour nous ?! » D’un air soulagé genre « ah ça va, c’est que ça »
Bah oui tu le savais toi que t’étais vivant et que vous aviez décidé de faire un maxi détour plutôt qu’un aller retour comme prévu.

Geoffrey arrive me prend dans ses bras. Généralement je ne refuse jamais et là non plus mais seulement parce que je n’avais pas la force de le repousser mais c’était pas l’envie qui manquait.

On est alors reparti tranquillement vers » la plage » où je les attendais au début, on suivait mes traces de pas dans le sens inverse. Geoffrey trouvait ça mignon et Baptise à rigolé en voyant le terrible crocodile mort. Je suis ensuite allée dire au revoir à mes vaches et leur dire aussi que j’avais retrouvé mes frères (ah oui oui, elles étaient aussi inquiètes que moi…) et puis nous sommes rentrés à dos de scooter. À trois, comme j’en rêvais pendant mon cauchemar.

Chaque fois que je raconte cet épisode j’ai cette angoisse qui revient, ce goût amer et cette frustration d’être impuissante face à cet éventuel drame. Mais il y a aussi de l’espoir évidemment, je ne pourrai jamais me dire qu’ils sont morts tant que j’en n’aurai pas la preuve la plus évidente.

Voilà j’espère que ceux qui attendaient cet article l’ont apprécié.
Pour le prochain article je vous raconterai notre découverte d’une petite île et de ses 3 extraordinaires habitants. Pour être au courant vous pouvez me suivre sur Facebook ou Hellocoton.

À bientôt. *

 

Alors, ça fait quoi d’avoir 20 ans ? *

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« Alors ça fait quoi d’avoir 20 ans ? »

Hé bien ça fait…je n’en sais trop rien. À 12:25 je les aurai officiellement. Je crois que l’on ne sent rien, que t’as juste un jour, une heure, une minute, une seconde en plus.

Je crois que c’est comme tous les anniversaires et que l’odeur du muguet va me rappeler que c’est éphémère.
Le muguet va faner et l’anniversaire sera passé.

Je crois que je réaliserai que j’ai 20 ans quand j’aurai presque 21 ans.

Je discutais avec des blogueuses suite à une rencontre dans Paris. (D’ailleurs la prochaine fois je veux vous y voir !) Et je leur expliquais que pour moi, « avoir 20 ans » ça reflète trop de paroles de chansons (et je ne pensais même pas à Lorie)
C’est à dire qu’il est fréquent d’entendre que 20 ans c’est l’âge parfait, c’est l’âge où tout se passe, où on a la vie devant soi. Comme si, après, ta vie n’avait plus le même goût ou même plus de goût du tout.

En parlant des 20 ans dans une chanson, on entend toujours un brin de nostalgie voire même de regrets.
Donc là, à l’heure où j’écris j’entame mes premières heures de ma vingtième année, et je me dis, mince alors il faut que je profite vite avant que je dise à mon tour « Où sont mes 20 ans ? »
On dirait que c’est le moment où jamais de profiter, de faire des projets, de vivre pleinement avant d’être complètement un triste adulte.
Ou surtout d’avoir encore cette naïveté  si précieuse de croire que tout est possible et qui disparaît en grandissant. Et ça, ça met une grosse pression parce que je ne veux pas qu’ils passent mes 20 ans, ce qui explique pourquoi je ne veux pas qu’ils soient là. Je ne veux pas devenir adulte !

Mais bon je crois qu’il y a plus grave dans la vie que d’avoir peur de grandir alors je vais juste vivre ma vie comme j’ai toujours fait en privilégiant au maximum ce qui me plaît. Et puis ignorer ces questions qui ne servent à rien.

Mais surtout  profiter de ces fameux 20 ans finalement pas si méchants et qui, dans le fond, me plaisent plutôt bien.

Karimun Jawa, petite île aux airs de paradis.*

Le paradis ? C'est ici !

Celles (et ceux) qui me suivent savent que je reviens juste d’un voyage de deux semaines en Indonésie… Pour ceux qui découvrent je suis donc partie avec mes frères et nous avons traversé Bali et Java.

Et puis nous avons trouvé ce petit Paradis. Une jolie île au dessus de Java (donc oui c’est l’île d’une île) nommée Karimun Jawa. Ecrire un article pour tout raconter à ce sujet serait vraiment trop long alors je vais essayer de vous garder le meilleur, du moins, le plus intéressant !

Pour y accéder d’abord nous avons pris le Ferry en partant de Jepara à Java. La traversée dure 4 heures. Donc on a eu le temps de faire bronzette sur le bateau et de papoter avec quelques Indonésiens qui nous regardaient avec des grands yeux et des jolies sourires.

Hé oui, dans ce coin là il y a peu de touristes alors laissez moi vous dire que j’étais l’équivalent de Kate Moss en plein Times Square. (Bon allez je dirai plus Eva Longoria pour les cheveux bruns et la petite taille…) Ils n’ont pas l’habitude de voir des personnes de couleur blanche, et là bas, plus t’es blanc, plus t’es beau. (Et c’est là où j’ai beaucoup pensé à ma copine Lucie, blonde platine, yeux turquoises et peaux très claire qui aurait été reçue comme une déesse !)
Du coup on était un peu l’attraction, on nous demandait de prendre des photos avec nous, on se retournait vers nous dans la rue, on nous faisait coucou quand on passait en scooter, surtout les enfants qui prenaient un plaisir fou à crier « Hellooo!! », le seul mot qu’ils connaissent en Anglais et qu’ils ne devaient pas rater une des seules occasions de l’utiliser ici. Et bien sur je ne vous parle pas des très très nombreux sourires partagés, ceux qui ont prit place dans ta mémoire et qui sont pas prêts dans sortir…

Ce weekend là il y avait particulièrement de monde. C’était un long weekend pour les Indonésiens, je n’ai pas bien compris pourquoi et même les indonésiens avec qui je suis restée en contact ne savent pas vraiment. Enfin tout ça pour dire que cette île est un peu leur lieu de vacances.

Hé oui il se trouve aussi que l’Indonésie est vraiment vraiment pas cher, mais les prix n’augmentent pas pour autant sur l’île malgré le monde et l’esprit de vacances. On logeait dans des Homestays, des sortes de chambres d’hôtes quoi et une chambre pour 2 personnes (on passait largement à trois) coûtait environ 4 euros par nuit. Les repas ne nous coûtaient pratiquement jamais plus de l’équivalent de 10 pour 3 personnes. Mais je parle bien de repas complets et bons surtout !

 

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Nous avons loué un scooter pour nous trois, ha oui parce que pour tout ce qui est réglementation là bas c’est un peu accessoire ! Le record qu’on ait vu c’est 6 personnes pour un scooter, et on a pas vu un seul casque sur cette île. Hé bien nous avons joué le jeu. Hé oui si on était là c’était pour être local jusqu’au bout !
D’ailleurs on n’aimait vraiment pas que l’on dise qu’on était des touristes. Parce que tout de suite on a l’image de la chemise à fleur, les sandales, l’appareil autour du cou et le bob sur la tête. Le genre de personne qui vient pour dire qu’il est venu, pour prendre des photos, qui reste dans des hôtels et essaye d’avoir un confort similaire à celui en Europe. Avec nos gros sac à dos, on aimait se catégoriser de voyageurs venus pour s’imprégner et connaître au maximum cette culture, cet univers, ces différences. Mais on n’échappait tout de même pas aux soudaines petites hausses de prix spécial touriste  mais bon c’est de bonne guerre…

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Voilà une petite liste pour résumer ce que j’ai fait ou découvert sur cette petite Île nommée Karimun Jawa.

* J’ai eu la peur de ma vie. Pendant 30/45 minutes j’ai cru mes frères morts. Ça a tellement été marquant que j’écrirai un article pour vous raconter ce très mauvais souvenir.

* J’ai conduit un scooter avec mes deux frères derrière. (Beaucoup plus dur qu’on imagine !)

* J’ai rencontré deux petites filles d’environ 6 et 2 ans sur une plage un peu vide. Mala et Indie, malgré la barrière du langage on a réussi à un peu communiquer, elles allaient (oui oui même celle de 2 ans) me chercher des jolies coquillages dans la mer et en échange j’ai offert à la plus grande une paire de lunette pour regarder sous l’eau.  Ses yeux étaient suffisamment rouges à cause de l’eau de mer comme ça !

* J’ai bu et mangé une noix de coco cueillie par mon frère en haut du cocotier.

* Nous sommes allés en Kayak sur une autre île à environ 3 kilomètres (bon ok j’ai ramé quelques secondes et j’ai compris que je faisais mieux de les laisser faire !) Sur cette mini île nous avons rencontré les 3 habitants et leur grande générosité. Mais encore une fois je ferai un article pour un parler parce que ça vaut vraiment le coup.

* J’ai tapé l’amitié avec deux vaches pendant que mes frères avaient disparus… (Il fallait bien que quelqu’un les remplace…)

* On a découvert des lieux paradisiaques  sans s’y attendre.

* On a crevé en scoot en plein milieu de la montagne et rencontré une très vieille dame sans dents qui nous a prêté une pompe. Elle arrêtait pas de rigoler et de nous  parler droit dans les yeux comme si on comprenait parfaitement l’Indonésien.

* On a dû passer au moins trois fois devant les mêmes personnes qui nous saluaient chaleureusement à chaque fois en cherchant notre chemin  (toujours en scoot) jusqu’au dernier passage assis et moins fiers dans la remorque d’un camion à cause du pneu complètement mort. Je vous assure  qu’ils ont bien rigolé et nous aussi !

* On a fait du snorkelling (donc se promener dans l’eau avec masque et tuba) et j’ai vu toute une petite famille de poissons clown (Petite dédicace à Nemo). Et un petit poisson de rien du tentait de me virer de la mer en me fonçant dessus. Sacrément courageux pour défendre son territoire celui là ! Sans oublier tout un tas d’énooormes oursins qui te suivent du regard avec un seul œil.

Bon je suis sûre que j’oublie pleins pleins de choses mais l’article risque d’être sans fin. Au risque que vous ne me suiviez plus je vais m’arrêter ici ! 🙂